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Affiche Polonaise

 

I - Contexte et politique culturelle en Pologne

 

Pour comprendre le phénomène des affiches polonaises, il faut se pencher sur la politique culturelle mise en place dès 1945. Le premier acte législatif du gouvernement polonais dans le domaine du cinéma après la libération fut la nationalisation de cette branche. En vertu du décret gouvernemental du 13 novembre 1945, toutes les questions relatives à la création, à la production et à la distribution des films étaient placées sous le contrôle de l’entreprise d’Etat Film Polski (le film polonais). Le décret stipulait que l’objectif majeur était l’utilisation du cinéma en tant que moyen d’éducation sociale et de propagation de l’enseignement et de la culture. Le rôle majeur de la culture s’explique sans doute par l’Histoire particulière de la Pologne. Il faut savoir que ce pays a été rayé de la carte pendant 123 ans, partagé par l’Allemagne, la Russie, l’Autriche-Hongrie et ne subsistant qu’au travers de sa culture, sa langue et sa religion. La Pologne en tant que pays ne fut recréée qu’en 1918, ce qui explique sans doute la volonté identitaire de défendre son patrimoine. Dès 1945, l’État se place donc à la tête de la cinématographie, il est le mécène de la création contemporaine polonaise et contrôle toutes les questions relatives au 7ème art au travers de l’Office Central du Cinéma (O.C.C.) que dirige un sous-secrétaire d’État au ministère de la Culture et des Arts.

 
 

L’activité de l’O.C.C est axée sur trois secteurs essentiels. En ce qui concerne la production, il exerce un contrôle du programme et des finances sur les Groupes Unis des Réalisateurs de Films et sur les ateliers cinématographiques. Pour ce qui est de la distribution, de l’importation et de l’exportation, il agit par l’intermédiaire de la Centrale de Location des Films et de l’Entreprise d’Importation et d’Exportation Film Polski. Enfin, il assure la base technique nécessaire à la production et à la diffusion des films, et il se charge du développement de la technique cinématographique.

 

C’est également de l’Office Central du Cinéma que relève l’ensemble des questions concernant la culture cinématographique, c’est-à-dire le patronage des clubs de discussion et des clubs amateurs, l’organisation de concours, de festivals, d’expositions et de conférences consacrés aux problèmes du cinéma. La production cinématographique est décentralisée et sa gestion est confiée aux groupements de réalisateurs.

 

L’interventionnisme du régime sur les questions du cinéma s’explique par une volonté idéologique et politique de s’approprier un médium populaire à large diffusion. Jacek Fuksiewicz, critique et réalisateur polonais écrivait en 1973 un ouvrage partisan sur le cinéma en Pologne.

Notre politique dans le domaine du cinéma se propose essentiellement de satisfaire les besoins culturels de la population dans tous les domaines, de façonner ses besoins en orientant ses goûts vers des œuvres de grande valeur artistique, idéologique et morale. En ce qui concerne le répertoire notre politique tend à projeter les œuvres de la cinématographie mondiale les plus remarquables du point de vue artistique et qui présentent les plus hautes valeurs sur le plan social

 

Les critères sélectifs de l’Office Central du Cinéma rendaient difficiles une grande liberté en matière de programmation. En 1970, sur les 200 films projetés, la moitié provient des pays socialistes. Cet aspect s’explique certes par une volonté idéologique mais aussi par les problèmes financiers liés à la devise polonaise (zloty) qui n’avait pas une grande valeur en dehors de ses frontières. L’entreprise d’État n’avait accès principalement qu’à des films du bloc soviétique. Selon un relevé en date du 3 novembre 1970, on dénombrait en Pologne 3232 cinémas dont 508 itinérants. Les salles urbaines disposaient alors de 462 200 places et les cinémas ruraux de 162 700 ce qui correspond à 19 places pour 1000 habitants. En 1970, le Polonais est allé en moyenne quatre fois au cinéma.

 
 

Dans les années 1970, la situation s’améliora et la programmation put s’élargir. Chaque année, un festival de cinéma « Konfrontacje » (les confrontations) permettait d’ouvrir les frontières et de proposer au public un regard sur la production mondiale. Cet événement était très attendu par le public et certains prenaient leurs congés à cette période pour assister à toutes les projections. Concernant les revues spécialisées sur le cinéma, la Pologne dénombrait une dizaine de périodiques dont Kino, Ekran, Film. L’Institut Jean-Vigo possède une centaine de revues polonaises sur le cinéma. Fait intéressant, ce sont les membres du groupement des réalisateurs (Wajda, Zanussi…) qui font partie du comité rédactionnel pour la revue Kino.

commentaires

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    Luke Tamou

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